Comme je suis membre du CA de l’AHQG, j’ai accepté avec grand plaisir d’écrire un article dans le journal de l’association. Je devais y synthétiser les aspirations culturelles des habitants en me basant sur des questionnaires que l’association a diffusé dans le quartier (interrogeant sur le quartier rêvé et donc sur de nombreuses thématiques). Cliquez l’image pour lire le journal complet et visitez le site de l’AHQG : http://ahqg.free.fr

Jours effeuillés
Sur des montagnes d’écume.
Une larme dans un galet.
Un rire dans une ombre.
Un nœud dans un éclair.
Un éclair lent
Aux griffes et aux dents de fleur.
Une vie sur des tours de rêve,
Sur des montagnes d’écume.

Jean Arp.

Autour de la Gare de Strasbourg vit un peuple cosmopolite de rêveurs qui croît si fort qu’il peut transformer le béton en convivialité qu’il y parvient souvent… En règle générale, tout commence par un constat, un souhait, une idée qui se propage comme un virus et gagne tous les habitants comme un facebook humain ou les amis des amis sont des amis, mais cette fois en vrai… pourquoi ? parce que ce réseau social fonctionne à l’utopie et que l’utopie est communicative, voire communicante, qu’elle se nourrit du rêve qui le lui rend bien… et quand passe par là le politique, il ne saurait résister à une séduction si bien arc-boutée sur son intérêt général aux courbes votatives généreuses qu’il aimerait bien caresser (lui aussi dans ses rêves, car la belle ne se donne pas si facilement). Utopie donc qui grandit chaque jour et se transforme au gré du vent et des réalisations pour demeurer toujours aussi fraîche et dynamique.

En ce début de 2010, elle flotte sur le secteur comme un voile de mariée et porte la parole des petits et des grands qui ont souhaité pour eux du mieux pour les autres… un quartier rêvé…

Dans tous les domaines et à chaque endroit de cette petite zone entre la Gare et le centre ville, sur plein de sujets, et notamment la culture, la pensée créative est en marche… insatiables, non contents d’être dans le quartier qui compte le plus de structures culturelles de la ville (Laiterie, Friche Laiterie, Kafteur, Mamcs, Taps Gare, Molodoï, Fabrique de théâtre, Semencerie et autres galeries d’art, associations culturelles ou ateliers d’artistes…), les habitants, appelés parfois ahachqugiens, en veulent encore plus…

Des fêtes de la musique plus (et avec même des concerts en appartement), sur le Faubourg National autour des fontaines qui auront été mises en place (une ou deux pour ne pas paraître trop exigeant, mais des belles alors) de chaque côté du terre-plein transformé en piscine olympique (si ce n’est pas possible, alors des spectacles de magie pour que les enfants puissent oublier cette idée de piscine, qui avait déjà elle-même écarté celle d’un stade de foot… ambition).

Et puis un trapéziste aussi, qui évoluerait sur les façades des immeubles mises en couleur pour mieux s’harmoniser avec tous les espaces verts créés (si, si). Pour les façades, attention, elles nécessitent d’être ravalées auparavant, quelques graffitis effacés, la Gare libérée de son corsage de verre qui l’emprisonne, mais les rêveurs sont formels : pas de verroteries et de ferrailles hideuses comme cela se fait trop souvent… les ahachqujiens ne sont ni bobos ni bling-bling, même s’ils aiment le bio, la culture, le lien social, la joie de vivre et la fête… ils sont comme leur quartier, plein d’espoir, ouverts, mais exigeants en terme d’harmonie et donc en appellent au choix de bons architectes comme eux savent le faire dans la relation humaine.

Des interventions artistiques ouvertes aussi, parce d’accord pour protéger et mettre en valeur le patrimoine (ah, ça aussi, c’est une demande ?), mais envie aussi de création contemporaine (bon ben ça fait deux demandes alors) et d’animations à la BMS (zou, trois).

C’est très général tout ça, bien sûr, mais c’est comme un sentiment général, une envie de culture(s) multiformes et colorées, joyeuses, surtout dans l’espace public, en cohérence avec tous les rêves d’espaces verts, de convivialité (un centre socio-culturel ?), de musique qui sort des murs et de lieux de rencontre… en bref, le quartier rêvé où il fait bon vivre, vu par les habitants…

Arnaud Weber