dazzi2 Samedi dernier, la maison des arts et des congrès de Niederbronn-les-Bains a proposé deux oeuvres électroacoustiques de Gualtiero Dazzi.
Après des séjours à Milan, Rome, Paris ou Londres, Dazzi s’installe à Strasbourg en 2001. C’est grâce à une semaine de résidence à Niederbronn-les-Bains, et dans le cadre d’un partenariat avec Bâle et Karlsruhe que Dazzi signe cette oeuvre produite par l’association Traces et le collectif Insight de Strasbourg. Homme de la tranquillité, sa nature même le pousse vers un chemin solitaire. C’est peut-être ce qui explique le lieu choisi pour sa dernière création, lorsqu’il confie : « Paris est une ville mouvementée. Ici, je suis entouré de forêt, tout est beaucoup plus calme, j’ai trouvé un accueil chaleureux et une salle intéressante : toutes les conditions rêvées pour réaliser cette création. Pour sa première oeuvre, le public est en présence d’une harpiste et d’un contrebassiste, de séquences musicales mémorisées, de musique électronique vivante et d’images aquatiques. En ce qui concerne la seconde oeuvre, elle est jouée par huit musiciens de trois pupitres différents : bois, cuivres et cordes, auxquels s’associent également les sons enregistrés sur ordinateurs et des images traitant cette fois-ci de la lumière.
Il faut se laisser aller
Cette partition orchestrale entraîne le spectateur dans un monde insolite. Ce que Dazzi relève avant tout, c’est « qu’il n’y a pas d’histoire, que chacun doit se laisser aller à tout ce qui l’entoure ». Ce compositeur de musique contemporaine plonge l’auditoire dans un monde visuel et sonore où chacun peut errer à son aise. Le public, ce soir-là, n’était pas celui des abonnés habituels, mais plutôt un brassage de quelques habitants des environs et surtout de groupes strasbourgeois ayant entendu parler de ce compositeur et souhaitant découvrir ses créations. Si certains relèvent la grande part de liberté laissée à l’écoute et qui permet un vagabondage de ci, de là, dans des univers marins ou spatiaux, d’autres restent interloqués et pensent porter encore un moment ces émotions avec eux. Un regret assez unanime se dessine quant à la vidéo placée trop en hauteur et qui aurait pu servir de fond visuel dans lequel les différents musiciens auraient pu se noyer pour une plus grande harmonie générale. Ce qui est sûr, c’est que le travail d’interaction entre la musique numérique et les interprètes était palpable et ce sont les images qui servaient de lien. Pour tous ceux qui souhaiteraient entrer dans l’explosion émotionnelle de cette danse, rendez-vous le 4 décembre au musée d’art moderne de Strasbourg et le 11 décembre à la gare du nord de Bâle.
D. V.L.
La présentation de l’artiste (à droite).(Photo DNA)