waterwayLe Scala accueille jusqu’ à samedi Waterway, une pièce chorégraphiée par Isabelle Fuchs et Helena Froehlich et co-produite avec le Collectif Insight. Un pélerinage moderne et atypique.
La scène du Scala a perdu depuis mardi tous ses atours de scène classique de théâtre. C’est désormais un grand espace dépouillé, sans rideau ni fioritures et à trois niveaux de lecture. Un rez-de-chaussée et deux étages au fond de l’espace scénique et un trio de podiums surmontés d’aquariums à moitié pleins.
La lumière tamisée donne à l’ensemble des allures d’antichambre apaisante, d’autant plus que le tandem de musiciens – Joe Krencker à la contrebasse et Philippe Leclerc au saxophone – reste silencieux quelques instants encore après sa discrète entrée. C’est immuable, tout va s’inscrire dans la suggestivité.
Concentration et méditation, histoire d’aiguiser les sens et de faire parler le silence. Quatre pèlerins apparaissent ensuite à tour de rôle. Leurs bâtons râpent le sol puis l’effleurent, créant ainsi une rythmique récurente qui imprimera la cadence d’une marche sur des sentiers que chacun empruntera à l’envi.
Vêtus très sommairement, les personnages restent anonymes. Ce ne sont que de simples individualités qui progressent vers un but commun. Des hères dont les destins se croiseront tôt ou tard autour d’une source salvatrice. Entre rapport de forces et entraide pour rester individu sans pour autant s’isoler.
Isabelle Fuchs, Helena Froehlich, Mircea Ghinea et Anton Reza Bernal poursuivent leur évolution au fil de stations où l’élément aqueux tient le haut de l’affiche. Symbole de vie, de renaissance ou de purification, chaque saynète en délivre un aspect différent et permet de brosser des tableaux sublimes. Les ablutions des deux danseuses immergées dans leurs aquariums respectifs mêlent beauté, simplicité et sensualité sur fond d’improvisation musicale en osmose avec l’esthétique du geste.
Alexis Fricker
Jusqu’au samedi 14 août à 20 h 30 au Scala, 96 route du Polygone. Tarifs de 5,5 à 13 euros. Tél: 03 88 34 10 36.